Mon Amour de l'An 2000 - Roman d'Amour et Philosophie de Georges Réveillac - 2005-14

Roman d'Amour et de Philosophie par Georges Réveillac

 

- Comment l'EXISTENCE est devenue vivante,
- Comment l'EXISTENCE VIVANTE a pris conscience de l'univers,
- Comment l'EXISTENCE CONSCIENTE prend conscience d'elle-même.

Pour vous donner envie de lire mon ouvrage, voici quelques extraits...

 

 

Venait-elle des contes de fées, cette magique conviction, laquelle s'accroche encore à mon être par tant de racines vivaces et que je me garderai bien désormais de détruire puisqu'en fin de compte elle m'a porté bonheur, conviction qui pourtant m'a valu une affligeante suite de déboires sentimentaux, qui m'a empêché de consommer l'amour avant un âge avancé et m'a entraîné à déverser le trop-plein de mon énergie dans le ventre de celles qui, à Dakar, présentent ainsi leur commerce : « Je fais boutique-mon-cul », qui, enfin, si je n'y avais pris garde, m'aurait certainement conduit à des soulagements solitaires encore plus minables, branlettes et ersatz d'amour issus de fantasmatiques rêves aphrodisiaques ?

Quelle conviction ?

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours vu les belles créatures de l'autre sexe, adolescentes, jeunes filles ou femmes, comme des fées. Oui, « fées » est le mot qui approche au plus près ma vision des beautés féminines. En d'autres temps je les aurais, sans hésiter, qualifiées de « divines ». A notre époque, je n'ose plus croire que la beauté soit d'essence divine. Et pourtant ?

Alors, puisque les femmes me paraissaient porteuses d'un merveilleux surnaturel, comment aurais-je pu, moi, simple humain pétri de boue et perclus d'imperfections, m'arracher à la gangue dont je suis fait, m'envoler vers l'infini et boire le lait des immortelles ?...

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... Après maintes et maintes réflexions, je décidai de suivre pour une fois le conseil de la Bible, bien qu'aux yeux de mon curé je fusse devenu un mécréant. Me revinrent en mémoire des paroles étonnantes, tirées de l'Evangile selon saint Luc : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Regardez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit. Aussi bien, cherchez son royaume et cela vous sera donné par surcroît ».

Littéralement, cette parabole est une incitation à la paresse ; et même, elle laisse entendre que Dieu pourrait nous vêtir, comme il le fait pour les oiseaux. Mais je ne pouvais croire que son auteur fût stupide. Aussi, je la traduisis à ma façon. Ce qui me plaisait, c'était :« cela vous sera donné par surcroît », et je l'entendis ainsi : « Si tu fais tout ce qu'il faut pour gagner l'immortalité, un jour ou l'autre les immortelles sauront bien le reconnaître. » Car, pour moi, le royaume de Dieu se trouvait plus sûrement sur la terre que dans un ciel de plus en plus hypothétique. Je préférai cette formule à « Fais ce que dois, advienne que pourra », bien balancée certes, mais qui laisse trop peu de place l'espoir...

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... La rencontre eut lieu dans la montagne. Est-il meilleur endroit pour un coup de foudre ? Son écho roula longtemps à travers les rochers. Les oiseaux et tous les autres animaux qui, perplexes, assistèrent à l'événement, s'en souviennent-ils encore ? Oui, me semble-t-il car l'éclair qui accompagna la fusion de nos deux personnes en un être double n'était pas de nature à nous calciner, d'autant plus que nous étions jeunes et dotés d'un cœur vigoureux... ?

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... « - Les maîtres de cette planète sont des animaux à demi conscients dont beaucoup se prennent pour des dieux. Et parmi ceux qui échappent à ce travers, la plupart croient qu'ils sont les seuls hommes dans l'univers : ils sont incapables de comprendre qu'une espèce autre que la leur peut devenir humaine.
Vous n'imaginerez pas jusqu'où leur folie peut aller : la plupart des individus mâles dont les organes reproducteurs sont opérationnels ont, le plus souvent, un souci dominant.
- Enrichir leurs connaissances ?
- Non, Maître, les dieux n'ont pas besoin de cela.
- Elargir leur territoire aux proches étoiles, ou l'étendre à tout l'univers ?
- Oh que non ! Le territoire de leur voisin les intéresse bien plus.
- Créer des œuvres d'art qui nourriront leur âme ?
- Pensez donc. Ils préfèrent contempler leur portrait tiré devant les pyramides d'Egypte.
- Alors quoi ?
- Vous ne trouverez jamais, Maître. Je vais donc vous le dire... Voilà : ils rêvent d'introduire leur appendice sexuel dans le réceptacle d'une femelle et d'y projeter leur semence. Mais, tenez-vous bien ! leur but n'est pas la reproduction, sauf exception. »

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... Plus dure serait la chute quand, précisément sans parachute, du haut de l'Olympe, elle me précipiterait dans le bas-monde des mortels. Geignant, gémissant, handicapé par de multiples contusions, mes yeux, que la vive lumière de là-haut avait déréglés, incapables désormais de me conduire dans la pénombre où vit le monde humain, je réclamerais la mort qui, heureusement, était bien trop occupée ailleurs sur notre petite planète pour s'intéresser à moi.

Ah ! La garce !... Eh oui, c'est bien de mon amour qu'il s'agit. Et ce n'est qu'un début. La garce ! Je ne pourrais retrouver le vrai goût de la vie, avec malgré tout un bon zeste d'amertume, qu'en grimpant à quatre pattes le mont escarpé pour retrouver au sommet mon idole apitoyée, condescendante, et lui baiser les pieds, comme un chien aplati devant son maître, jusqu'à ce qu'elle me dise : « Georges, es-tu malade ? Allez ! Viens dans mes bras. »...

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... Oui, je t'ai invité à la noce et voilà que je t'emmène au cimetière. Tu m'abandonnes là parce que tu refuses de penser à la mort, n'est-ce pas ? « C'est trop triste ! dis-tu, et de toutes façons, nous n'y pouvons rien ». Alors, tu mourras. Quant à nous, mon Amour et moi, depuis la mort de notre fille, nous n'avons pas le droit de mourir : car nous sommes trois.

Oui tu as bien entendu : à nous deux, nous sommes trois personnes. Encore un peu de patience, et tu vas tout comprendre...

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... Suivent quelques baisers et la première étreinte. Alors, les seins prennent le relais.

Les beaux seins aux courbes généreuses, pleines et parfaites, les beaux seins tendres et palpitants comme d'innocentes colombes blanches, les deux faons, tout surpris de voir le chasseur, l'invitent à déposer les armes. L'homme éprouve le besoin de toucher, de caresser, d'envelopper dans ses mains protectrices les deux lutins...

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« ... - Nous ferons cet enfant quand nous aurons accepté ta mort.

- Papa, maman, je vous aime. »

Notre Estelle paraissait épuisée. Un linceul glacé s'abattit. Non ! Non !... Pas déjà !... Ce n'est pas juste !... Ses yeux étaient clos. Respirait-elle ? Ni Jeanne ni moi n'osions le vérifier. Puis son souffle devint à nouveau perceptible. Sur cette magnifique promesse de vie pas encore tout à fait reniée, sur ce visage si cher, si lumineux, dont la beauté n'était pas déjà figée pour l'éternité, sur son blanc visage de cire, un soupçon de rougeur affleura de nouveau aux pommettes.

« Et si la vie revenait ?
- Pauvre fou ! Laissons-là se reposer. »
...

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... « - Mais c'est vrai qu'elle a aimé ça. Pas vrai que ça t'a plu ? Hein ! Ma salope. Vas-tu répondre ? Bon Dieu !...

- Sale ordure ! répliqua Jeanne chez qui une énorme vague de colère arrivait au galop. Tu n'es pas un homme. Tu n'es pas une bête non plus : aucune bête ne fait des choses pareilles. Tu n'es qu'un sac d'ordures.

- Heureusement pour toi que tu m'as fait du bien :ça me rend patient. C'est pas vrai, peut-être, que tu l'as cherché, salope ? En te promenant toute seule la nuit dans la zone, tu voulais y passer, hein ! Mais dis-le, Bon Dieu ! que tu aimes ça ! T'avais le feu au cul, salope, et ça te brûlait tellement qu'il en fallait bien trois comme nous pour l'éteindre ! C'est pas vrai, peut-être ?... »

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... Donc, alors qu'elle ne comptait encore que deux membres, notre famille avait déjà deux chefs. Cela fut à l'origine de moult scènes dont nous apprîmes vite à déceler la venue, comme les paysans sentent venir l'orage qui risque de gâter leur blé. Mais ces signaux d'alerte étaient bien souvent inutiles : la guerre des chefs devait aller jusqu'à sa conclusion...

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... Mais Jeanne est impulsive : elle tire, elle vise, puis elle réfléchit. Je lui ai souvent demandé pourquoi elle s'acharne vainement à refaire le passé : c'est qu'elle voudrait malgré tout éviter les bévues qu'elle a commises par excès de vitesse. Trop tard !

L'impulsivité et la colère, ces deux cadeaux que mère nature mit dans son berceau provoquaient de dangereuses escalades dans la guerre des chefs...

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... En ferraillant d'inquiétante façon, Deudeuch prit donc son élan pour accrocher la vitesse de survie. Nous devions parcourir une quinzaine de kilomètres avant d'atteindre Kardougou, le village où était implantée notre école. Nous venions de quitter la ville pour entrer sur le domaine des paysans, et pourtant, nous n'étions pas dans la campagne.

« - Ici, les paysans ne vivent pas à la campagne : ils vivent en « brousse ».

- Ah bon ?... »

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« ... C'est fini, te dis-je. Je suis délivré. Et ne crois surtout pas que c'est un coup tordu.

J'accepte le divorce.

Ouf !... Désormais, tu pourras toujours essayer de faire marcher les oiseaux au pas, car pour moi, c'est fini. Et je ne crois pas que tu puisses trouver une autre poire à déguster. En tout cas, je t'em... . ! A pied, à cheval, en voiture et même en avion. Merci de m'avoir libéré. »

Pour une fois, elle resta sans voix, bouche-bée. Je l'avais enfin, mon dernier mot. Sinistre crétin ! Je sortis, sans trébucher, en claquant la porte.

Dans la pénombre du couloir, les vagues d'une chevelure rousse me frôlèrent. Je sursautai comme si j'avais reçu une décharge électrique mais, tout à mon ressentiment, je me contentai de dire : « Tiens ! Estelle, qu'est-ce que tu fais là ? » et je n'écoutai même pas la réponse...

 
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"Alexandrie Online"

Éditeur en ligne, publie gratuitement les manuscrits qu'on lui envoie.

Au nombre de téléchargements, sur les 150 ouvrages ainsi édités, "Mon Amour"(de l'An 2000) se classe le plus souvent parmi les premiers. Visite la bibliothèque d'Alexandrie (Online).

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